


Ecrire
Le Cap
Samedi 26 février
Nous atterrissons au Cap après 10 heures de vol et une escale à Johannesburg. Il sagit dun voyage un peu particulier puisque organisé par le comité d'entreprise de mon employeur la vénérable Dresdner Bank. Nous sommes quatre pour ce périple, mon frère Christian, un collègue, Vincent et sa copine Francine, pour deux parcours sensiblement identiques. La prise en charge de la voiture de location (une Toyota) se fait à la sortie de ce terminal plutôt provincial comparé à celui de Jobourg. Une personne de lagence de voyage nous réceptionne et nous briefe sur le trajet pour atteindre lhôtel. Nous opinons du chef sans comprendre tout ce quelle nous raconte. Nous apprenons quil na pas plu ici depuis des mois et que des feux de forêts consument les montagnes des alentours. La conduite à gauche est plus stressante qu'en Namibie du fait dune circulation beaucoup plus dense. Nous prenons une voie rapide puis bifurquons à droite vers la base de la montagne de la Table. Cette imposante montagne au sommet plat et aux pentes vertigineuses domine lune des villes la plus australe du continent africain. Sa baie, balayée par les courants froids du Benguela, abrita les vaisseaux des navigateurs portugais puis hollandais en route pour les Indes. Bâtie entre falaise et océan, la ville évoque davantage la Californie que la savane africaine avec ses larges avenues en pente flanquées de palmiers.
Nous logeons dans un superbe hôtel au pied de la montagne de la table : le Kensington. La chambre bien plus vaste et moderne que mon appartement parisien, porte le nom dAnne Boleyn, une des femmes dHenry VIII. Nous conjecturons, en bons historiens, quil existe cinq autres chambres du même genre dans létablissement. Première prise de contact avec le rugby sud africain, la rencontre télévisée du Super 12 : Blue Bulls contre Golden Cats, un mauvais match. Mikaël, le barman attitré nous "offre" une bouteille de vin du Cap, en loccurrence, un Roxembourg rouge 1996, vin agréable rond et fruité, pour nous la facturer ensuite à notre plus grand étonnement ! Le soir nous dînons de langoustes dans un restaurant du front de mer qui nous a été conseillé par Mikaël. Le WaterFront se présente comme une enclave sécurisée de la ville blanche. Lentrée est contrôlée dans cet immense complexe de loisir et de consommation qui tient à la fois de lhypermarché et du Disneyland. Nous profitons dune promenade nocturne jusquau port où nous discutons avec les marins de quart du porte-hélicoptères français la "Jeanne d'Arc". Nous revenons de nuit à lhôtel, guidé par le GPS qui na pas perdu le nord en changeant dhémisphère.