La balade de la mer salée
Les Açores
Un cachalot, s'élève peu à peu du fond de la mer, et montre sa tête au-dessus des eaux, pour voir le navire qui passe dans ces parages solitaires.
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Première sortie en mer

Lundi 30 avril 2001

Nous avalons les dix kilomètres qui nous séparent de la marina de Ponta Delgada ivres d ‘effectuer notre première sortie en mer. Dans le local de l’agence Futirismo, nous parvenons à nous glisser avec un groupe de Suédois. Les murs sont parsemés de photos de cétacés. La conférence de briefing commence avec une vidéo et un extrait du Moby Dick de John Huston qui fait passer ce sympathique odontocète pour un monstre assoiffé de sang, me remémorant  la définition grappillée dans un Larousse d’avant-guerre « Mammifère marin très féroce vivant dans le Grand Océan« .

La marina qui forme le port de plaisance de Ponta Delgada abrite notre embarcation qui s’avère être un zodiac amélioré. La tribu suédoise s’échelonnant du bébé au pépé s’impose en proue nous laissant fort courtoisement la poupe. Les premières encablures provoquant les premières vagues ne laissent aucun doute quant à l’issue de la promenade, nous sommes déjà trempés jusqu’aux os sous l’œil amusé des nordiques riant sous cape. Amis voyageurs, ne montez jamais à l’arrière d’un hors bord. Un petit clapot empêche une vue panoramique qui fait passer n’importe quelle vague plus haute que les autres pour un aileron de cétacé. Notre pilote n’a pas l’air d’en savoir plus. Sans radio le reliant à d’autres observateurs, il en est réduit à s’approcher des chalutiers en arguant qu’on y trouve parfois des cachalots. Nous sommes pourtant à plus de cinq miles des côtes. Les vibrations, que certains nomment empathie, sont mauvaises. Un groupe de dauphins dits communs reconnaissables à leurs flancs jaunâtres sauve l’entreprise du fiasco total. Il est en effet impossible de se lasser des évolutions aquatiques de cet animal exceptionnel. Sa vitesse de nage et son aisance sont stupéfiantes.

A l’arrivée, nous nous changeons dans la voiture puis partons à la recherche du point de chute de la soirée. Un groupe d’ouvriers ripoline les murs d’albâtre d’une église nous contredisant sur l’hypothèse du blanchissement à la chaux. Nous trouvons un logement dans la villa Victorina, un appartement refait à neuf au rez de chaussé d’une propriété. Un grand jardin abondement fleuri complète ce cadre très agréable. Nous pourrons y dormir à quatre puis que ce soir nous réceptionnons Nathalie et Jacques, nos habituels compagnons d’aventure qui nous rejoignent avec deux jours de retard. Nous réservons un vol pour l’île de Horta pour le surlendemain. 

A 20h30, l’avion arrive à l’heure. Nathalie arbore le petit ventre rond des femmes enceintes ce qui, paraît il attire les cétacés…Nous vidons un verre en ville en échafaudant les projets à venir.

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