La balade de la mer salée
Les Açores
Un cachalot, s'élève peu à peu du fond de la mer, et montre sa tête au-dessus des eaux, pour voir le navire qui passe dans ces parages solitaires.
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Ascension brumeuse

Samedi 05 mai

Le but de la journée est vertical, l’ascension du Pico, le sommet du Portugal avec 2351 mètres. Nous prenons la navette pour l’île de Pico séparée de Faial par un étroit bras de mer. Pour l’instant la montagne gît sous les nuages mais qui sait s’ils ne partiront pas, l’archipel étant réputé pour connaître les quatre saisons dans la journée en raison de la météo très changeante. Nous sommes ainsi très loin de l’imagerie du fameux anticyclone repoussant les nuages. L’île semble plus austère que la riante Faial. Nous louons deux chambres juste derrière la caserne des bombeiros (pompiers). Nous nous équipons derechef et hélons un taxi pour le départ de la randonnée. Le chauffeur est sympathique. Il s’exprime en un anglais de qualité avec un accent nord américain. Comme beaucoup, il a émigré au Canada pour gagner les économies qui lui ont permis de s’installer ici. Il nous délivre des informations précieuses pour la suite de notre périple. Nous nous élevons de mille mètres à travers un paysage de landes. Le relief est marqué par le volcan qui occupe le centre de l’île. Les flancs sont inhabités. Nous donnons rendez-vous au chauffeur dans quatre heures.

Je prends le soin de noter le point de départ au GPS au cas où. Malgré nos souhaits, le plafond est toujours aussi bas. Nous suivons un chemin caillouteux sous la bruine. Au fur à mesure de l’ascension le chemin se fait plus discret et la pluie plus disserte. Nous pensons plusieurs fois avoir perdu sa trace. Néanmoins, la vue d’un pieu de béton nous indique le point suivant à atteindre. Nous progressons maintenant dans les nuages sans grande visibilité. Je note consciencieusement les points de passage au GPS pour le retour. Un vent d’une rare violence nous glace les os et nous fait courber l’échine. Un œil à l’altimètre nous indique que nous sommes au sommet. En effet nous distinguons le bord du cratère. Le Pico est vaincu mais sans joie particulière, préoccupés que nous sommes à descendre aussitôt pour nous réchauffer. Notre compas électronique, sûr comme un animal rentrant au bercail nous indique le chemin. Il va sans dire que sans lui nous n’aurions pas intenté l’ascension qui par temps clair doit procurer du plaisir. Deux heures de monté, trois de descente sur des rochers glissants ; nous voilà en avance sur notre rendez vous grelottant de froid. Heureusement, Jacques contacte notre taxi avec son portable pour nous abréger une attente glaciale.

Au retour, nous nous arrêtons pour observer les vignes qui croissent au pied du Pico. Outre la fertilité de la lave, celle ci érigée en muret enchâsse chaque rang pour mieux conserver la chaleur. Ce vin qui peut être blanc et rouge était jadis fort célèbre et couru jusqu’à la cour des Tsars. En l’honneur du nectar du crû nous vidons une bouteille au restaurant Parisana, avec vue sur Faial. Les toasts sont portés sur le sommet du Portugal et nos prochaines rencontres aquatiques. La palme du jour revient néanmoins à Nathalie qui a agrémenté sa grossesse d’un sommet national

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