La balade de la mer salée
Les Açores
Un cachalot, s'élève peu à peu du fond de la mer, et montre sa tête au-dessus des eaux, pour voir le navire qui passe dans ces parages solitaires.
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Cache cache aux cachalots

Lundi 07 mai

Il s ‘agit de notre dernière journée entière aux Açores. Ce soir nous prendrons un vol pour Sao Miguel, puis celui de Lisbonne le lendemain. Nous apprenons que Horta est joignable directement du continent ce qui nous aurait fait économiser une demi-journée. En effet notre temps est compté pour la réalisation de notre but initial, celui de taquiner le cachalot. Nous exposons notre cas à José qui opine du chef : « Il serait vraiment dommage que vous partiez sans en voir ». Nous allons changer de stratégie en longeant les rivages de Pico. Rien n’est écrit à l’avance, mais il semble que les macrocéphales soient un peu en retard dans la saison. En effet, si les femelles dépassent rarement le quarantième parallèle, les mâles fréquentent les eaux de mai à octobre. 

La météo n’est pas très bonne. La mer est formée, visible par les moutonnements d’écume au sommet des vagues. Passé le pertuis, des langues d’écumes, agiles comme celle du fourmilier, sautent pour surprendre l’imprudent qui stationne en proue d’une gerbe salée

Un groupe de dauphins communs nous abordent à grande vitesse. Les voilà sautant mais jamais au bon moment au grand dam de Alain et Jacques qui essayent d’immortaliser leur gymnastique sur pellicules. Puis le groupe se glisse en proue, dans la vague d’étrave où ils surfent littéralement sans effort apparent. Ils évoluent quelques centimètres en contrebas, et il semble que l’on pourrait toucher la nageoire dorsale.

Puis nous croisons un groupe de tursiopes plus sobres. Le navire gîte ostensiblement, et nous stationnons sagement assis à l’arrière du vaisseau à l’abri des embruns. Nous longeons la côte sud de Pico, laissant les côtes à bâbord. Un rorqual commun laisse échapper un jet vertical, pour se perdre ensuite dans les vagues. Nous tournons, retournons. Rien n’est visible. Il nous faut déjà penser à revenir car nous nous sommes éloignés plus que coutume.

Nous débriefons chez Peter en dégustant des crêpes au jambon. José vraiment désolé pour nous, échafaude les hypothèses les plus folles. Un groupe de cachalot a été aperçu au large de Sao Jorge et Faial. Il fréquente ce que José savoureusement image par leur « soupermarché », une fosse marine d’où ils se délectent de calmars céphalopodes.  Le troupeau fait actuellement le tour de l’île aux dires des guetteurs à terre. En prenant la mer maintenant …

L’idée paraît séduisante ; Mais l’état de la mer, et l’horaire de notre avion qui part dans deux heures ne nous permettent pas de valider ce plan de dernière minute. L’heure est maintenant aux adieux. Nous avons un vrai prétexte pour revenir à Horta un jour. Alain et moi quittons José mais aussi Jacques et Nathalie qui partirons demain. Nous dépensons nos derniers escudos à la boutique annexe du Peters composée de produits dérivés estampillés du cachalot farceur.

L’avion à peine décollé de Faial, atterrit à Pico à une dizaine de kilomètres de là pour faire le plein de passagers. Le retour sur Sao Miguel et l’aéroport de Ponta Delgada se déroule sans encombre. Nous trouvons une chambre à la Pensao Roma que nous avons du mal à trouver. Un match amical PSG-Benfica ne passionne pas les foules des bars. Nous mettons le réveil à 07 heures. C’en est fini du voyage. Nous reviendrons. 

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