




Retrouvailles aux Açores
Mardi 06 août 2002
Fidèles à notre promesse faite au départ de Sao Miguel l'année dernière, nous voici de retour aux Açores pour de nouvelles aventures. Si Jacques et Nathalie ont déclaré forfait, Emmanuelle nous a rejoint. Agrégée de Biologie et fan de cétacés, elle aura pour but d'apporter une caution scientifique à ce voyage comme l'atteste son premier calembour : "c'est assez dit la baleine, je me cache à l'eau car j'ai le dos fin ". Une escale à Lisbonne et un vol direct pour Horta sur l'île de Faial, nous évite un passage à Sao Miguel. Au programme, un séjour dans l'enchanteur archipel central. Un objectif triple identique à celui de la fois précédente : des cachalots, des cachalots, des cachalots. La saison s'y prête. L'été les mâles rejoignent les femelles sous le quarantième parallèle, latitude des Açores. En revanche les grandes baleines en profitent pour joindre les eaux arctiques dégagées de la banquise. Nous ne pourrons pas compter sur elles.
L'avion se pose sur le petit aéroport de Faial sous un plafond plutôt bas. Une phrase glissée à l'oreille du chauffeur : " Peters Bar ", enclenche la marche du taxi. La nouveauté de cette année réside dans le paiement en euros : 8 pour les quelques kilomètres qui nous conduisent à Horta, la capitale de l'île. Rien ne semble avoir changé excepté une température toute estivale. Une nouveauté, cependant, le bar est bondé. Nous laissons les sacs à l'extérieur pour nous frayer un passage vers le guichet au fond de l'établissement à la recherche de José Eric Acévédo, le maître des lieux. Alain lui avait bien envoyé un Email qui était resté poste restante. Un sourire se fend sur son visage barbu. Il nous a reconnus. L'homme nous avoue être débordé, car il semble que nous soyons venus en pleine semaine de la mer avec son cortège de festivité et de touristes. José connaît le but de notre visite et d'emblée nous met à l'aise : " Il y a des cachalots. Bien sûr vous ne paierez pas les excursions en bateau. Vous êtes mes invités. Nous venons d'ouvrir, une annexe dans la rue. Allez-y, une surprise vous attend ".
L'annexe en question avec comme enseigne la mascotte Peter Ze est dédiée à l'activité de WhaleWatching, l'observation des cétacés. La succursale se compose à gauche d'une salle de briefing avec une vidéo éducative lénifiante qui tourne en boucle, au centre, d'un bureau d'accueil et à droite d'un mini café Internet. Derrière le comptoir où officie Tania, la charmante hôtesse, un superbe poster d'un dauphin commun accroche le regard. Alain tressaille et sourit de surprise et de fierté car le cliché est sien. Il date d'un an, et Alain se souvient avoir envoyé à José des exemplaires de ses meilleurs tirages de la saison précédente. Hommage de photographe à photographe car José est l'auteur d'un cliché mondialement célèbre d'une gerbe d'écume de tempête figurant de manière troublante le profil Grec de Poséidon. L'émotion passée ne doit pas faire oublier le but de la visite, en l'occurrence la réservation d'un créneau pour une sortie en mer. Nous optons pour la première plage libre qui se déroule demain après midi avec un zodiaque. Il y a dorénavant, pour améliorer les rotations, en sus du catamaran, un zodiaque à moteur.
Nous demandons à Tania si elle peut nous aider à trouver un logement. Deux coups de téléphone plus tard, l'affaire est réglée. Notre logeur vient nous chercher en voiture et nous emmène dans la dépendance d'une maison en périphérie sur la route de l'aéroport. Il s'agit d'un deux-pièces meublé façon motel, avec cuisine équipée, rue Ilha Azul. Le tarif n'est pas donné, 60 par jour. Nous payons là le prix de la haute saison et le fait de s'y être pris au dernier moment pour ce voyage. Néanmoins, nous jouissons d'une jolie vue à quinze minutes à pied de la marina. Nous visitons la petite ville, et revenons avec des victuailles pour les repas futurs. Nous dînons au Quebra mar, dont la baie vitrée panoramique donne sur le sommet de l'île de Pico. Les calmars en sauce se révèlent succulents, les meilleurs que je n'ai jamais mangés (8.75)