La balade de la mer salée
Les Açores
Un cachalot, s'élève peu à peu du fond de la mer, et montre sa tête au-dessus des eaux, pour voir le navire qui passe dans ces parages solitaires.
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Nage avec les tursiops

Lundi 12 août

Nous retrouvons Nuno et Moses en train d’avitailler. Nous appareillons avec quatre jeunes tout excités eux aussi à nager avec les dauphins. Nous poussons un ouf de soulagement lorsque nous voyons Nuno prendre la barre à la place de son fougueux compagnon.

Sur la mer, chaque jour apporte sa part de surprise. Ainsi peut on sortir assidûment sans rien voir, et manquer un événement extraordinaire, la seule fois où vous restez à terre. C'est exactement le genre de chose qui nous est arrivé. Nuno, nous explique sa rencontre hier après-midi (mais pourquoi diable est t'on parti le matin ?) d'une bande de fausses orques. Ces cétacés pesant jusqu'à deux tonnes ont malmené le zodiaque en procurant une dose d'adrénaline aux passagers. Frissons garantis ! Nuno en rigolant acquiesce : il n'aurait pas voulu essayer de nager avec les fausses orques de la veille. Comme pour la veille, notre pilote sur le chemin du retour, repère un banc de dauphins tursiopes cette fois ci, afin que les passagers du jour puissent se baigner avec. Emmanuelle et moi en profitons pour nous replonger dans le grand bleu avec une autre espèce de dauphins. Les tursiopes apparaissent moins joueurs que les tachetés, ne laissant découvrir que leur dos glabre en guise d'au-revoir.

A terre, nous faisons un crochet au bureau de la Sata pour confirmer notre vol de demain pour l’île de Terceira. Manu qui traîne les sardines de la veille sur l'estomac, préfère rester à la pension, pendant que Alain et moi décidons de rendre visite à l'une des vigies de Faial. Manuel Vargas réside à la tour de guet de Vigia de los Cedros, lieu confidentiel que le taxi ne connaît pas. Un coup de fil de la voiture à José au Peter’s débloque la situation. La bâtisse d’un étage, juchée en haut d’une falaise jouit d’une vue panoramique sur Graciosa, Sao Jorge, Pico et Faial. Manuel, la soixantaine blanchissante et ancien baleinier nous accueille d’une poignée de main ferme qui a dû manier autre chose que le couteau à beurre. Quand la chasse traditionnelle a cessé en 1984, lors de l’entrée du Portugal dans la CEE, Manuel s’est reconverti dans cette activité somme toute pas si différente. Son regard perçant et sa science qui lui permettent de distinguer une baleine d’une autre par la forme de son aileron ou la vigueur de son jet, font de lui un guetteur hors pair. Deux paires de jumelles sur pieds dépassent leurs yeux de verre de la fente horizontale du réduit aux allures de casemate. Une radio et un téléphone portable complètent sa rudimentaire panoplie. Avec ses yeux comme seul instrument de visée, il guide les navires sur le lieu d’observation par de sommaires instructions.

Nous dînons au Quebra mar pour déguster de nouveau ses sublimes céphalopodes. Manu qui nous a laissés un mot, est partie passer la soirée à une plage isolée avec des compagnons de passage.

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