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Le Rendez-Vous

Samedi 7 septembre

  Récit par Nathalie

Rendez-vous à Santa Cruz de La Sierra!" Le dernier mail de Christian ne laisse planer aucun doute : bien qu'empruntant chacun un itinéraire différent, nous parviendrons à nous retrouver tous les quatre dans cette ville au nom magique. N'est-ce point la région de la dernière retraite du "Che" ? Jacques a transité par Chicago afin d'y laisser quelques affaires en prévision du trimestre prochain, et a dû arriver ce matin, après une escale à Miami puis dans la capitale bolivienne. Alain et Christian, de leur côté, devaient se retrouver hier à Paris et atteindre Santa Cruz en cours de journée, via Madrid, Buenos Aires et l'inévitable La Paz. En bonne dernière — une femme doit savoir se faire attendre — je terminerai mon périple aérien vers 21h, en provenance de Santiago de Chile. Après mon séjour de trois semaines à La Silla, un des observatoires européens installés au Chili, j'espère avoir acquis un début d'acclimatation à l'altitude. Mais pour l'instant, j'espère surtout que le reste de l'équipe m'attend à l'aéroport! J'ai dans mon sac à dos l'adresse de l'hôtel Bibosí où l'on souhaite passer la nuit, et les numéros de téléphone des trois familles, en France, à contacter en dernier recours afin d'établir un nouveau point de rendez-vous.

Arrivée à l'aéroport national de Virú Virú. Miracle! Alain et Christian sont là! Mais point de Jacques en vue. Quoi que... L'homme en treillis et cheveux ras (3 mm tout au plus) qui se tient légèrement à l'écart, pourrait-ce être lui? Mais oui, il me semble en effet le reconnaître! Alain est fiévreux; mauvais début. Mais l'excitation règne au sein de mon comité de réception. Ils ont trouvé l'hôtel Bibosí, où l'on pourra glaner quelques informations pour l'aventure au Pantanal, et me racontent leur première impression de Soroche (mal aigu des montagnes) lors de leur escale à La Paz, plus haute capitale du monde à 3800m d'altitude — "j'étais comme scotché au siège" "j'avais le souffle court" "impossible de faire le moindre mouvement!" — ils m'affirment qu'ils ont caressé des paresseux. Je suis un peu abasourdie par leur flot de parole.

Sans perdre une minute de plus, ils me mènent directement à la place du 24 septembre où j'aperçois en effet, en haut de gigantesques eucalyptus, une famille de paresseux qui, rien de surprenant, somnolent ou se déplacent nonchalamment. Leur poil est beaucoup plus dru que ce à quoi je m'attendais et je suis impressionnée par la force de leurs pattes antérieures. Ils avancent si lentement qu'il leur faut parfois tenir de longues secondes suspendus uniquement par les trois griffes qui prolongent chacune des pattes. Mais quelles griffes, certes! Au moins 5 cm de long. Le programme de notre circuit est arrêté depuis longtemps, dans ses grandes lignes tout au moins, mais il reste à régler les détails. Nous décidons de nous occuper du tour au Pantanal dès le petit déjeuner du lendemain et gagnons chacun notre chambre pour la nuit. Malgré la chaleur et le brouhaha incessant de la ville et du ventilateur, je m'endors rapidement.

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