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Pantalonade au Pantanal

Mercredi 11 septembre

Une journée entière passée à arpenter les rues de Puerto Quijarro, c'est bien plus que ne mérite ce bled. Nous avons hâte de reprendre l'aventure. L'ennui nous ronge l'esprit, et les discours se font de plus en plus surréalistes. Alain finit même par déclarer qu'il se verrait bien maire de cette localité! Ne sachant que faire pour tuer le temps, nous traînons longuement dans un centre commercial de la "zona franca", dont la taille est complètement démesurée en comparaison avec la clientèle locale potentielle, au point qu'il s'en est fallu de peu que nous ne rations l'avion pour Santa Cruz!

Pour rattraper un peu du temps perdu, nous décidons de nous rendre d'emblée à Samaipata, ville située à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Santa Cruz. Pour 100 bolivianos, un taxi accepte de nous y mener. Encore sous le charme de la faune du Pantanal, Alain demande subitement au chauffeur de s'arrêter car il a distingué un animal sur le bas-côté de la route. Quel est donc ce mystérieux quadrupède? D'après la description qu'il nous en donne, Alain imagine déjà, j'en suis sûre, le légendaire Jucumari — un ours à lunette, seule espèce d'ours d'Amérique latine. "Un perro!" L'exclamation sarcastique de notre chauffeur hilare, se posant visiblement quelques questions sur cette bande d'étranges hurluberlus qui s'extasient devant l'apparition d'un chien, ramène Alain à la réalité.

Tout près de la place centrale de Samaipata, une pension nous offre le gîte pour dix bolivianos par personne. On ne pourrait guère trouver moins cher. Le standing de la chambre équivaut à son prix : située au fond d'une cours intérieure en forme de couloir, elle consiste en une misérable pièce comportant quatre sommiers grinçants. Quant aux sanitaires, ils se résument à un robinet situé à l'extérieur, surmonté d'un vague "miroir" en tôle lisse. Bien que nous ne soyons encore qu'à 1660 m d'altitude (vive l'altimètre de Christian!), il fait sensiblement plus froid qu'au Pantanal et nous sortons nos sacs de couchage. Par précaution, nous inspectons minutieusement tous les murs et plafonds à la recherche des maudits Vinchucas, parasites rappelant quelque peu les cafards et pouvant transmettre la maladie de Chagas, mortelle à longue échéance et responsable de la faible espérance de vie des Boliviens. Notre enquête permet de dénicher une splendide Margarita digne de celle de Puerto Quijarro que nous mettons à la porte séance tenante.

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