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Pas de Temps à Perdre

Mercredi 18 septembre

Notre visite de l'Amazonie touche à sa fin. Levés à 6h, nous embarquons peu après sur la pirogue qui nous transporte jusqu'à Puerto Maldonado. Le ciel est couvert, mais la pluie torrentielle s'est finalement arrêtée. Le fleuve est boueux et un léger brouillard estompe le contour des rives. Ici et là, de beaux papillons apportent d'agréables touches de couleur à ce tableau. Sur un tronc à moitié immergé, une colonie de tortues à peine plus grandes que la paume de la main se reposent, les unes derrière les autres, un papillon orange posé sur la tête de la première.

Nous discernons les premières baraques de Puerto Maldonado. L'Amazonie, avec ses bruits, ses fruits, ses mystères et ses dangers est bien loin et déjà nous discutons de comment poursuivre le voyage. Si possible, nous aimerions débuter le trek du chemin de l'Inca dès ce soir. Avec tout ce que l'on souhaite encore découvrir et visiter au cours de ces vacances, le temps nous ferait presque défaut! Ayant déjà nos billets d'avion en poche, le vol de retour pour Cuzco se déroule sans aucune difficulté.

Satisfaits du service (et prix!) du Weliman Hostal où nous avions passé la nuit avant le séjour en Amazonie, nous retournons les voir et négocions de leur laisser, dans un grand sac poubelle, quelques affaires que nous ne souhaitons pas porter sur nous pendant la randonnée. Afin de prendre quelques dernières forces avant le départ, nous avalons un plantureux repas pour 4 sols par personne et nous voilà peu après de nouveau sur la route, dans un taxi plus précisément, qui pour 90 sols accepte de nous déposer au point de départ du chemin de l'Inca, mieux connu sous le nom de "km 88". Quel rendement!

Les premiers contreforts des Andes s'offrent à nous dans toute leur splendeur, caressés par les lueurs rougeoyantes du soleil couchant. La conversation avec le conducteur commence cependant à nous inquiéter : nous ne pourrions pas aller en voiture jusqu'au km 88, ou y met-il simplement de la mauvaise volonté? Malheureusement, sa réticence devient de plus en plus justifiée, la route goudronnée faisant place à un chemin de gravier, puis à un étroit sentier de terre. Sans plus d'explication, nous voici soudain déposés au km 77, pour 4 sols de plus que prévu sous prétexte de manque de monnaie. Ca commence dur! A peine avons-nous le temps de médire sur ce chauffeur ingrat que s'approche le 4x4 déjà bien rempli d'un habitant du coin qui par bonheur accepte de nous conduire jusqu'au bout du sentier, au km 82. Ce sera toujours ça de gagné! La nuit étant déjà fort avancée, nous sommes contraints de dormir sur place : nous installons discrètement nos tentes le long de la voie ferrée et nous couchons, guère rassurés et bien décidés à nous lever le plus tôt possible, le lendemain, afin de déserter avant d'être repérés. Peut-être sommes-nous trop influencés par le Routard qui déconseille de camper près des villes, citant précisément ce bled comme une zone à haut risque en raison des vols et agressions?

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