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Cap à louest
Contrairement à notre intention, nous ne sommes pas les premiers à plier bagages. La bande de jeunes citadins nous a devancés. A croire que la bière recèle des vertus insoupçonnées. Une averse rafraîchissante laisse un arc en ciel en guise de signature. Nous décidons de ne pas traîner en route afin dessayer de coucher cette nuit à Edmonton, à presque 1000 km dici. Le parcouurs en plein jour nous semble plus aisé qe la fois précédente. Le chariot des pionniers est fidèle au poste. Le passage vers le lac Waskesiu seffectue sans difficulté, le chenal serpente clairement entre les roseaux. Je me demande pourquoi nous avions autant galèré à laller. Jacques avance lhypothèse que nous avions emprunté un mauvais bras. La traversée du lac Waskesiu est loin dêtre une formalité. Un fort vent contraire nous oblige à jouer du muscle. Les pélicans blancs, fidèles à leurs habitudes, accompagent nos efforts pour notre plus grand plaisir. Ces derniers kilomètres de canoës nous semblent interminables, nous croyons deviner le ponton darrivée derrière chaque petite crique. La délivrance survient plus de deux heures après.
Nous rendons nos embarcations au loueur tout en notifiant que son produit anti-moustiques qui a pour nom Muscol, a eu des résultats mitigés. Jen profite pour me ruer sur les quelques friandises de léchoppe. Jai du mal à me reconnaître dans la glace du rétroviseur de la Chrysler, avec mon scalp hirsute, ma barbe naissante et mon visage tuméfié par les piqûres dinsectes. Sur la route vers Waskesiu nous croisons à deux reprises un cerf de Virginie reconnaissable à sa queue blanche. Les deux cervidés, peu farouches ou trop fatigués par la rigueur de lhiver, se laissent approcher dassez près. A Waskesiu nous faisons notre compte-rendu aux rangers du parc. Leur première question concerne les ours et leurs comportements. Nous sommes fiers de relater nos rencontres, un peu moins davouer notre renoncement au long portage. Les rangers sont ravis dapprendre la présence de loutres dans le lac Lily. Avant de quitter le parc national du Prince Albert nous faisons une petite visite de courtoisie à nos amis bisons, toujours aussi occupés à paître paisiblement.
Nous nous éloignons avec regrets tant ce lieu nous a procuré de joies. Notre destination est la petite ville de Jasper, porte des Rocheuses. Il va nous falloir de nouveau traverser la grande prairie, un long trajet en perspective. Lautoradio nous distille invariablement de la country music. Les lignes droites sont sans fin et le chauffeur na juste qua tenir le volant et battre la mesure de son pied gauche pour ne pas sendormir. Nous ferons halte à Loydminster, petite cité à la frontière entre le Saskatchewan et lAlberta, pour passer la nuit. Il ma paru toujours surprenant que cette bourgade figure sur la plupart des atlas et des mappemondes au même titre que Montréal ou Vancouver.
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