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Cimes enneigées
Snake Indian Pass. Ce nom résonne dans nos têtes. Cest notre Everest à nous, notre examen de passage, le point culminant de notre périple. Les rangers de Jasper nous ont averti quil y aurait certainement de la neige. Il ne faudra pas traîner en route afin de bivouaquer sur lautre versant à moindre altitude. Pour une fois, le temps parait clément, un rayon de soleil fait même son apparition. Le chemin grimpe en pente douce et le terrain devient sec pour notre plus grand bonheur. Nous navons pas limpression de nous élever particulièrement ; cependant la Snake Indian River rétrécit à vue doeil pour devenir un innocent petit ruisseau. Les névés et les plaques de neiges font également leur apparition.
Nous avons pour la première fois la sensation de la haute montagne en progressant à travers ces verdoyants alpages. Nous atteignons le sommet du col vers midi. 2020 m daltitude nous rappelle le panneau qui dépasse à peine de la neige. Il y aurait de quoi confectionner un bonhomme. Nous profitons du soleil pour faire une longue pause bronzage. Linstant est rare, nous nous trouvons au confluent des trois bassins hydrographiques. Vers loccident, lon devine le Pacifique et la rivière Fraser, vers lorient, la baie dHudson lAtlantique via la Saskatchewan et enfin au septentrion les solitudes glacées de lArctique via lAthabasca. Devant nous sétale la Colombie Britannique. Le beau temps métamorphose la montagne, lui rendant ses lettres de noblesse. Lhorizon dégage un vaste panorama de pics enneigés et de riantes vallées boisées. Nathalie et Jacques aperçoivent une marmotte se dorant sur une roche. Exceptionnellement nous avons le temps de savourer ce moment de quiétude.
La pente est plus raide sur lautre versant et nous arrivons au campement de Byng en un temps record. Finalement le passage du col aura été plus aisé que prévu. Nous nafficherons que 12,5 kilomètres de plus au compteur aujourdhui, notre plus faible score jusquà présent. Nous fêtons dignement notre « exploit » en faisant griller nos derniers mushmallows. La confection des piques donnant lieu à une véritable course à larmement. Christian ouvre les hostilités avec une pique très flexible afin dadhérer au mieux les flammes, Jacques réplique en taillant un véritable épieu à la longueur démesurée, quant à moi je reste fidèle à ma pique dite à double courbure permetttant la cuisson simultanée de deux mushs. Il faut nous voir, barbes naissantes (Nathalie immortalisant la scène), chemise à carreaux rouges et noires, se chauffant auprès de lâtre ; Limage dEpinal des trappeurs du grand nord.