Le mystère des deux hémisphères
Equateur (Episode VI)
Etrange pays baigné par deux hémisphères où les papillons sont plus gros que les oiseaux.
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Le centre du monde

Samedi 17 juillet

Le soleil se lève sur Quito, notre première nuit à 2800 m d'altitude s'est très bien passée. Nous profitons de la mâtiné pour visiter le vieux Quito qui doit être débarrassé de ses manifestants. La vieille ville construite par les conquistadores est parait-il un chef-d'œuvre d'architecture coloniale.

La grève des taxis sévissant toujours, le moyen de locomotion le plus rapide et le plus pratique reste le tramway flambant neuf qui fait la fierté des habitants. Le vieux Quito se situe en contrebas de la ville moderne. Le tramway plonge dans les entrailles de la vieille ville et nous propose un voyage à travers le temps. Les buildings de verre et d'aciers sont remplacés par d'élégants bâtiments aux murs blancs, les larges avenues laissent place à d'étroites ruelles pavées. Nous descendons aux alentours du théâtre national qui est malheureusement en travaux. Les rues sont bondées, une foule multicolore, à majorité indienne, y déambule, et s'affaire. Ici c'est un vendeur de piles qui vous accoste, plus loin c'est un vendeur de savons et de dentifrices, on y trouve de tout dans les rues de Quito. Cependant le camelot qui a le plus de succès est cet homme qui tient en bandoulière une impressionnante collection de billets de loterie.

Différents styles d'architecture se déploient dans le centre historique, déclaré patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Nobles demeures aux murs blancs et aux toits de tuiles, églises et anciens couvents, places ombragées et patios secrets, la vieille ville regorge de merveilles. La première église que nous visitons est la basilique Merced et son élégante coupole. L'intérieur est remarquable par la qualité des vitraux et des peintures murales. Sur l'une d'entre elle on peut y voir un prêtre et un conquistador baptisant un indien amazonien. Plus loin une rue piétonne débouche sur l'imposante plazza San Francisco, bordée en son extrémité nord par l'église et le monastère du même nom. Cet ensemble est le plus vieux de Quito et l'un des plus grands d'Amérique du Sud. Les deux tours jumelles semblent défier le volcan Pinchicha. Il y a bien trois cents ans que le volcan ne s'est pas manifesté, peut être-ce du à la présence de la Vierge de Quito. Située au sommet de la colline du Panecillo, elle veille, un peu à la manière du Corcavedo de Rio de Janeiro sur l'ancienne capitale inca. A l'intérieur on peut admirer les sculptures et les peintures de la fameuse école de Quito ainsi que l'autel en argent massif. Nous terminons cette rapide visite par la coquette place de l'indépendance. Ce lieu de villégiature ombragée est surtout fréquenté par de nombreuses personnes âgées. Vers midi le soleil se fait brûlant et je comprends pourquoi les Quiténiens arborent tous des couvre-chefs.

Nous décidons de consacrer l'après midi à la visite d'un lieu hautement symbolique : L'équateur. La "ligne", comme l'appellent familièrement les marins, se situe à 20 km au nord de Quito. Elle est matérialisée par un monument pompeusement nommé "Mitad del Mundo", littéralement la "moitié du monde". Nous trouvons un taxi qui accepte de nous y emmener pour 15$. La route monte vers la ville haute, dépasse la plazza de toros et l'aéroport Sucre, puis s'enfonce dans une sierra aride. Juste avant d'arriver à destination nous bifurquons vers le volcan Pululahua. Le cratère de ce volcan éteint est aujourd'hui une vaste plaine fertile. C'est le seul cratère au monde à être habité. La route se termine à belvédère dominant un paysage insolite. L'intérieur est difficilement visible à cause des nuages. Cependant à la faveur d'un coup de vent nous pouvons découvrir le damier des parcelles ainsi que des habitations. Je me demande comment ils ont pu construire tout ça, car la seule voie d'accès de ce coté ci est un chemin de mule. Selon la rumeur lorsque la brune monte du fond du cratère en fin d'après midi, la plaine sert de terrain d'atterrissage aux OVNI.

Trois km plus loin la route arrive à "Mitad del Mundo" : la marque de la ligne équinoxiale. Un monument massif commémore le travail de la mission géodésique française qui, sous la direction de Charles Marie de la Condamine , détermina au XVIIIe siècle, le tracé de la ligne symbolique de l'équateur. Ce lieu remarquable excite l'imaginaire. Ainsi le globe terrestre étant légèrement bombé à cet endroit l'attraction terrestre s'exerce de manière atténuée, effet amplifié par les 2483 m d'altitude de l'endroit. Un pèse- personne invite le béotien à confirmer la théorie. Bizarrement le GPS de Christian n'indique pas 0° 0'0", qui croire ? Certains s'amusent à marcher sur la ligne, histoire d'avoir un pied dans chaque hémisphère.

Nous rentrons de bonne heure afin de préparer nos affaires pour la randonnée. Le départ est prévu pour le lendemain à 07h punto. Le soir nous dînons non loin de notre hôtel, dans un restaurant Tex-Mex.

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