Le soleil se lève sur Quito, notre première nuit à 2800 m d'altitude s'est
très bien passée. Nous profitons de la mâtiné pour visiter le vieux Quito
qui doit être débarrassé de ses manifestants. La vieille ville construite
par les conquistadores est parait-il un chef-d'œuvre d'architecture coloniale.
La grève des taxis sévissant toujours, le moyen de locomotion le plus rapide
et le plus pratique reste le tramway flambant neuf qui fait la fierté des
habitants. Le vieux Quito se situe en contrebas de la ville moderne. Le
tramway plonge dans les entrailles de la vieille ville et nous propose un
voyage à travers le temps. Les buildings de verre et d'aciers sont remplacés
par d'élégants bâtiments aux murs blancs, les larges avenues laissent place
à d'étroites ruelles pavées. Nous descendons aux alentours du théâtre
national qui est malheureusement en travaux. Les rues sont bondées, une
foule multicolore, à majorité indienne, y déambule, et s'affaire. Ici c'est
un vendeur de piles qui vous accoste, plus loin c'est un vendeur de savons et
de dentifrices, on y trouve de tout dans les rues de Quito. Cependant
le camelot qui a le plus de succès est cet homme qui tient en bandoulière
une impressionnante collection de billets de loterie.
Différents styles d'architecture se déploient dans le centre historique,
déclaré patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Nobles demeures aux
murs blancs et aux toits de tuiles, églises et anciens couvents, places
ombragées et patios secrets, la vieille ville regorge de merveilles. La
première église que nous visitons est la basilique Merced et son élégante
coupole. L'intérieur est remarquable par la qualité des vitraux et des
peintures murales. Sur l'une d'entre elle on peut y voir un prêtre et un
conquistador baptisant un indien amazonien. Plus loin une rue piétonne
débouche sur l'imposante plazza San Francisco, bordée en son extrémité
nord par l'église et le monastère du même nom. Cet ensemble est le plus
vieux de Quito et l'un des plus grands d'Amérique du Sud. Les deux tours
jumelles semblent défier le volcan Pinchicha. Il y a bien trois cents ans
que le volcan ne s'est pas manifesté, peut être-ce du à la présence de la
Vierge de Quito. Située au sommet de la colline du Panecillo, elle veille,
un peu à la manière du Corcavedo de Rio de Janeiro sur l'ancienne capitale
inca. A l'intérieur on peut admirer les sculptures et les peintures de la
fameuse école de Quito ainsi que l'autel en argent massif. Nous terminons
cette rapide visite par la coquette place de l'indépendance. Ce lieu de
villégiature ombragée est surtout fréquenté par de nombreuses personnes
âgées. Vers midi le soleil se fait brûlant et je comprends pourquoi les
Quiténiens arborent tous des couvre-chefs.
Nous décidons de consacrer l'après midi à la visite d'un lieu hautement
symbolique : L'équateur. La "ligne", comme l'appellent familièrement les
marins, se situe à 20 km au nord de Quito. Elle est matérialisée par un
monument pompeusement nommé "Mitad del Mundo", littéralement la "moitié du
monde". Nous trouvons un taxi qui accepte de nous y emmener pour 15$. La
route monte vers la ville haute, dépasse la plazza de toros et l'aéroport
Sucre, puis s'enfonce dans une sierra aride. Juste avant d'arriver à
destination nous bifurquons vers le volcan Pululahua. Le cratère de ce volcan
éteint est aujourd'hui une vaste plaine fertile. C'est le seul cratère au
monde à être habité. La route se termine à belvédère dominant un paysage
insolite. L'intérieur est difficilement visible à cause des nuages. Cependant
à la faveur d'un coup de vent nous pouvons découvrir le damier des parcelles
ainsi que des habitations. Je me demande comment ils ont pu construire tout
ça, car la seule voie d'accès de ce coté ci est un chemin de mule.
Selon la rumeur lorsque la brune monte du fond du cratère en fin d'après
midi, la plaine sert de terrain d'atterrissage aux OVNI.
Trois km plus loin la route arrive à "Mitad del Mundo" : la marque de la
ligne équinoxiale. Un monument massif commémore le travail de la mission
géodésique française qui, sous la direction de Charles Marie de la Condamine
, détermina au XVIIIe siècle, le tracé de la ligne symbolique de l'équateur.
Ce lieu remarquable excite l'imaginaire. Ainsi le globe terrestre étant
légèrement bombé à cet endroit l'attraction terrestre s'exerce de manière
atténuée, effet amplifié par les 2483 m d'altitude de l'endroit. Un pèse-
personne invite le béotien à confirmer la théorie. Bizarrement le GPS de
Christian n'indique pas 0° 0'0", qui croire ? Certains s'amusent à marcher
sur la ligne, histoire d'avoir un pied dans chaque hémisphère.
Nous rentrons de bonne heure afin de préparer nos affaires pour la randonnée.
Le départ est prévu pour le lendemain à 07h punto. Le soir nous dînons
non loin de notre hôtel, dans un restaurant Tex-Mex.
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