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Baños

Mardi 27 juillet

Aujourd'hui est le jour de notre départ de la mission. Nous sommes très émus d'apprendre que les personnes de la mission souhaitent donner une réception en notre honneur. La mâtiné est consacrée à un cours d'éducation civique prodigué par un père italien venu de Riobamba. Ce padre est un personnage hors norme, puisque inventeur d'une lotion contre la calvitie.

Pour le déjeuner, nous avons le privilège de goûter à la "soupe des Indiens" longuement préparée par Rosita. Thérèse, hilare, nous confie qu'il y a une chance sur deux que la viande soit du cochon d'inde (qui est un met de fête). De longs ossements, ainsi qu'un goût familier, nous tendent à penser que nous ne mangerons pas de cuyo durant ce périple. La soupe de mouton est excellente et tout le monde se régale. Le déjeuner se termine par une séance de photos de groupe. José, José Luis, Melchior, Manuel, Thérèse et les autres nous laissent par leurs sourires et leur gentillesse une formidable leçon de joie de vivre dans un environnement pourtant difficile voir hostile. Vient le moment chargé d'émotion de la séparation, instant particulièrement émouvant pour Delphine qui était à l'origine de notre venue à la mission. Thérèse nous raccompagne jusqu'au terminal terrestre de Riobamba où nous promettons de nous revoir ici ou en France.

Le bus rouillé dévale la pente et fonce vers Baños, une des portes de l'Amazonie. Très vite la végétation devient luxuriante et une fine pluie chaude ruisselle sur les vitres. C'est dans cette ville que nous devons rencontrer notre deuxième contact de la région. Christian est entré en relation, via le web, avec un étudiant en écologie qui milite en faveur du très rare tapir andin. Plus exactement, Christian a démarché une organisation américaine et Ruben Nuñez est le relais équatorien de cette association. Après une heure et demie de route nous arrivons à Baños. Nichée sur les contreforts des Andes et adossée au versant du volcan Tungurahua à 1800 m d'altitude, la ville offre un avant goût d'Oriente, la région amazonienne, dont elle est une voie d'accès. Les rues en pente, la végétation exubérante qui transpire lui confèrent un charme certain. Baños tire son nom et son succès touristique des nombreuses sources d'eaux chaudes qui la parcourent.

Nous choisissons un petit hôtel non loin du centre ville : le Dynastia. D'emblée, nous recherchons la demeure de Ruben Nuñez. Arrivé devant la porte, nous sonnons en espérant que Ruben est dans les parages. Sa mère nous ouvre et nous explique que son fils se trouve en ville pour le moment. Du coup nous suivons Delphine et Fred qui recherchent un guide pour faire du cheval sur les pentes du volcan. Ce ne sont pas les agences de trek ou d'activités en plein air qui manquent ici. Après avoir visité le paddock d'un hôtel smart, puis celui d'une agence où le garçon d'écurie en en faisait vraiment trop nous sommes accostés par un quidam à l'élocution maladroite qui propose ses services. Après vérification cette personne semble être le fameux Angel Aldaz, recommandé par le Lonely Planet itself ! Difficile à croire tant les mots sortent péniblement de sa bouche surmontée d'une épaisse moustache noire. Répondant invariablement "par aqui" (par ici) ou "par aqua" (par-là) à nos questions, son explication du parcours tourne vite au comique. Finalement nos amis concluent un marché avec le dénommé Angel.

Nous repassons devant la casa de Ruben. Cette fois ci, un jeune homme brun, et sur de lui sort et s'avance directement vers Christian pour le saluer :
"Hola Christian, que tal ?
- Muy bien y tu ? "

Le dialogue se poursuit amicalement sur le perron de la maison. Le contact est courtois, mais pas aussi chaleureux que Christian l'escomptait. Il n'est pas si facile d'engager la conversation avec une personne que l'on connaît que par le biais d'une brève correspondance. Ruben accepte de nous faire visiter le nouveau parc national Llanganates, il nous fixe rendez-vous pour demain à 4 heures ½ du matin.

Demain nous nous séparerons donc, un groupe ira faire du cheval au pied du volcan Tungurahua, l'autre ira pister le tapir laineux avec Ruben. La nuit tombe déjà sur Baños, le temps est humide. Nous sommes un peu déçus après avoir quitté les frimas de la cordillère des Andes, de trouver des conditions climatiques si tristounettes. Nous dînons d'une copieuse "parillada" et de bières fraîches. Nous nous couchons de bonne heure, une dure journée nous attend demain.

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