Qu'il est doux se réveiller dans un lit sec ! La randonnée d'hier a
été très éprouvante et je m'étonne de ne point être enrhumé ou fiévreux. Ce soir
nous projetons de dormir à Quito. Nous avons toute la journée pour rejoindre la
capitale, ce qui nous laisse du temps de libre pour flâner dans Baños. Christian et moi
décidons de tester les fameuses sources chaudes. Baños est située au pied du volcan
Tungurahua ce qui explique la présence d'une forme de thermalisme dans la région. Nous
choisissons les bains de la Vierge qui se trouvent à proximité de l'hôtel. Le cadre est
magnifique, la piscine se situe au pied d'une falaise d'où se jette une cascade d'une
vingtaine de mètres. Le contraste entre l'eau brûlante des thermes et l'eau glacée du
torrent ravit les amateurs de sensations fortes. La source chaude, qui provient
directement des entrailles du volcan, sort à la température de 53 degrés. La brume est
toujours présente sur la région, mais cette fois ci nous nous en moquons. Un poste de
radio diffuse une chanson tirée de l'album espagnol de Francis Cabrel, apparemment il a
plus de succès que Manu Chao, qui est soit disant une star en Amérique Latine.
A la sortie des bains nous retrouvons Fred et Delphine pour une séance de shopping dans
la petite ville. Les magasins ne manquent pas, la spécialité locale est l'artisanat du
bois. On trouve partout des objets en balsa, ce bois d'une extrême légèreté qui sert
à confectionner des radeaux en Amazonie. Souhaitant nous rendre plus tard à Otavalo, le
plus célèbre marché du pays, nous modérons nos instincts mercantiles. Nous retournons
à l'hôtel pour midi car nous avons rendez-vous avec Ruben. Christian tenait
spécialement à le revoir pour le remercier de nous avoir servi de guide et parce qu'il
avait un présent pour lui : une polaire qui lui sera utile pour lutter contre les frimas
de la montagne.
Le bus quitte Baños comme il était venu, sous la pluie. C'est dommage, le coin doit
être superbe avec un rayon de soleil. Nous couvrons les 180 km qui nous séparent de
Quito en quatre heures. Je regarde avec nostalgie le sommet du Cotopaxi qui est toujours
couvert. Une fois dans la capitale nous rejoignons la calle Amazonas. Contrairement à
notre premier séjour nous prenons un hôtel d'un meilleur standing que la "Tortuga
Verde". Il s'agit de l'hôtel Aventure, à l'intersection des rue Pinto et Amazonas.
Le prix est de 40000 sucres par personnes, il y a même une buanderie pour faire sécher
nos affaires.
Le soir nous dînons dans un restaurant chic, "l'île de France". Le repas est
à base de fondues et de raclettes à la mode équatorienne, c'est à dire avec du fromage
bon marché. Delphine remarque avec agacement qu'elle est systématiquement servie en
dernier, est-ce là une manifestation du légendaire machisme sud-américain ? La
clientèle aisée est composée d'hommes d'affaires vantards et de deux étranges
"caballeros" à la conversation inquiétante (mafieuse, affirmera Fred !). Nous
laissons ces deux derniers régler leurs comptes pour rejoindre l'hôtel vers 22h00. Un
rideau de fer bloque la porte, nous devons carillonner avec insistance pour que le
veilleur de nuit nous ouvre enfin.
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