Une image galvaudée suggérerait que tous les chemins mènent à Quito. C'est un peu vrai, la panaméricaine représente l'épine dorsale du pays, ce grand axe nord-sud que jadis empruntèrent Incas et conquistadores. Nous revoilà dans la cité quitéenne. C'est une aubaine en ce milieu de parcours. Les cartes postales envoyées, le portefeuille remplis de sucres, les vêtements séchant au soleil, l'escale efface les fatigues du voyage. Nous passons à un cyber café pour donner des nouvelles fraîches à la famille. No
us téléphonons en France via Internet pour un prix modique, il est décidément lointain le temps de l'Aéropostale. Christian profite de l'occasion pour passer à la succursale de son entreprise en Equateur. Il apprend avec surprise que leurs machines sont tellement peu puissantes que les employés préfèrent se connecter sur le web depuis le cyber café voisin !
L'après midi est consacrée à la visite du monastère San Augustin. Situé dans la vieille ville de Quito, c'est un havre de paix au milieu d'un quartier très animé. Sitôt la porte franchie, calme et sérénité imprègnent le visiteur. Un cloître de toute beauté enchâsse un jardin, au centre duquel, une fontaine monolithique invite le pèlerin à la contemplation. Un palmier de bonne taille fournit une ombre bienvenue, car le soleil est déjà haut dans le ciel. Les murs blancs contrastent avec le bleu limpide du
ciel. Sur un banc, un padre à la barbe grise, est interrogé par une jeune journaliste munie d'un magnétophone. Le charme du monastère provient également du fait qu'il est habité en permanence par une demi-douzaine de pensionnaires. Les colonnades du cloître sont mises en valeur par les extraordinaires plafonds à caissons qui donnent une incroyable impression de profondeur. Une salle est particulièrement remarquable, entièrement recouverte de feuilles d'or, elle est célèbre pour sa décoration extravagante
et baroque. C'est dans cette pièce que fut signé l'acte d'indépendance du pays.
Nous retrouvons le brouhaha de l'extérieur avec un brin de dépit. Nous passons à l'agence de trek Agama pour régler notre différent financier avec Eduardo. Peine perdue, il est en expédition sur l'Iliniza, nous laissons par courtoisie un message justifiant nos griefs. Le soir, Christian et moi nous rendons au cinéma Benalcázar pour visionner la fameuse "Menace fantôme" (la "Amenaza fantasma"), le quatrième volet de la guerre des étoiles, épisode encore inédit en Europe. C'est l'histoire épique de "Caballeros Jedaï" à la recherche d'un messie dans une lointaine galaxie. Les répliques de la version hispanique du chef d'œuvre de Georges Lucas sont ponctuées par l'inénarrable formule Que la Fuerza te accompaña !
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