Aujourd'hui c'est jour de marché dans la petite ville d'Otavalo. La réputation de cette localité andine a dépassé les frontières équatoriennes pour s'imposer comme étant l'un des marchés les plus colorés et typiques du continent sud américain. Nous prenons un solide petit déjeuner dans le coquet établissement "le colibri" qui se trouve juste en face de notre hôtel. Tenu par un couple de suisses alémaniques, il propose des viennoiseries et de délicieux jus de fruits dans un cadre charmant. Le nom du salon
de thé provient justement d'un colibri (picaflor en espagnol) qui a l'habitude de butiner dans le grand arbre au pied duquel se restaurent les clients.
Nous prenons le bus de huit heures en direction d'Ibarra. Otavalo se trouve à 86 km au nord de Quito, dans l'hémisphère septentrional. La route est sinueuse et le bus gravit à grand peine les dénivelés que lui impose la panaméricaine. Le bus est équipé d'une installation vidéo et nous avons "la chance" de pouvoir suivre un grand classique hollywoodien : Terminator II. Le scénario n'a pas changé, et Schwarzi distille toujours, entre deux coups de bazooka, ses petites vannes ironiques.
Terminator s'achève que voici le terminus. Au pied du volcan Ibabura s'étend une lagune d'un bleu profond au bout de laquelle est situé Otavalo. La ville ressemble à un gros bourg tout en longueur, les ruelles droites se coupent à angle droit et seuls les clochers des églises permettent de se repérer.
Il est dix heures et le marché est commencé depuis longtemps. La ville est en effervescence. Otavalo grouille littéralement de camelots, de touristes et de badauds. La majeure partie de la production artisanale du pays est écoulée ici. Bien que très animé, le marché nous déçoit un peu. Ce sont toujours les mêmes articles qui reviennent, de manière récurrente, tous les trois étalages. Les châles en alpaga, les tissus multicolores, les tapis en laine de lama et les chapeaux à larges bords. La diversité de l
a production est bien moindre qu'en Bolivie, et on a rapidement une impression de déjà vu. La crise économique touche également l'artisanat, les vendeurs sont plus nombreux que les touristes, et les prix diminuent rapidement dès que l'on marchande un peu. Cependant, la foule est tellement compacte, que nous nous donnons un point de rencontre pour nous retrouver. Au détour d'une échoppe Christian et moi croisons deux jeunes touristes colombiennes que nous avions aperçus aux sources chaudes de Baños.
Le marché du samedi d'Otavalo est bien le rendez-vous incontournable de tout séjour réussi en Equateur. Je m'extirpe assez rapidement de l'agitation du marché pour flâner dans les rues adjacentes. A bien y regarder, la ville ne manque pas de charme. Le parc Maldonado, du nom du célèbre géographe, forme un lieu de quiétude au milieu de toute cette agitation. L'ombre des palmiers est la bienvenue pour lutter contre un soleil au zénith. Nous déjeunons dans un restaurant dont la terrasse domine le marché. Delphine et
Fred nous rejoignent, ils n'ont pas trouvé leur bonheur parmi l'abondante offre. Nous sommes d'accord pour trouver le marché de Riobamba plus authentique et divertissant bien que les marchandises restent plus attractives à Otavalo.
Nous retournons au terminal terrestre afin de prendre un bus pour Quito. Le bus est lui aussi équipé de télé, pour changer nous avons droit à un film de Jean Claude Van Damme ! Les mêmes paysages arides défilent, dont la litanie est parfois interrompue par les exploits du karatéka belge. Il est 17h30 lorsque nous pénétrons dans Quito. Le terminal terrestre est en pleine ébullition à cette heure ci, il est organisé à la manière d'une aérogare. Dans un grand couloir en demi-cercle sont alignés les comptoir
s des compagnie de bus. Les agences sont souvent composées d'un ou deux véhicules qui font la navette sur une ou deux destinations. La mention "vidéo à bord" à l'air d'un argument vendeur. J'aurai bien payé un peu plus cher pour justement ne pas avoir de télé ! Nous prenons des billets pour la ville de Latacunga qui se trouve au sud, non loin du Cotopaxi. Nous avons plusieurs fois traversé cette ville sans nous y arrêter. Latacunga a l'avantage d'être la ville la plus proche de la lagune de Quilotoa, notre
prochaine étape. Ce n'est qu'une fois notre billet en poche que nous pouvons franchir les grilles qui nous séparent des véhicules.
A peine sommes nous montés dans le bus que celui ci démarre en toussotant. La télé équatorienne nous gratifie d'un grand show de variété du samedi soir digne d'une émission de Michel Drucker. Trois charmantes présentatrices mettent en valeur des invités devant un public en délire. Il y a même un groupe de musiciens andins affublés de ponchos de scène en paillettes argentées. Le bus nous dépose à 21h00 à Latacunga. Nous descendons à l'hôtel Continental pour 40 000 sucres par personne. Nous dînons à la café
téria d'un autre l'hôtel tout en nous renseignant du meilleur moyen pour rallier la lagune de Quilotoa. La lagune est un cratère inondé qui se trouve bien en dehors des grands axes routiers. Finalement nous concluons un marché avec un chauffeur de taxi dont le numéro de téléphone nous a été fourni par la réception de l'hôtel. Nous avons un peu de mal à nous endormir à cause d'un bruyant mariage qui a lieu dans une rue voisine.
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