Le confort des chambres nous a permis de passer une bonne nuit. Les cartes du hall d'entrée nous précisent utilement la topographie de la région. Jipijapa se trouve 150 km au nord de Guayaquil mais pas sur la cote. L'île qui nous intéresse s'appelle "la Isla de la Plata". L'île et la région côtière avoisinante font parties du parc national de Machalilla. Le point d'accès est la localité de Puerto Lopez à une centaine de km d'ici. Les dernières vingt quatre heures ont souvent été passées à bord de bus, ce m
ercredi ne déroge pas à la tradition. Cette fois ci le chauffeur a eu la bonne idée de mettre de la musique. De la salsa bien sûr et à volume élevé comme il se doit ! L'ambiance devient "calliente" à mesure que les plantations de bananes défilent au travers des vitres poussiéreuses. En haut d'un petit col on devine la mer ou plutôt l'océan Pacifique. Nous sommes désormais dans le parc national de Machalilla. Nous traversons une forêt sèche dans laquelle poussent les arbres à bouteille avec leur tronc carac
téristique. La descente quelque peu acrobatique nous amène sur le rivage.
La petite ville de Puerto Lopez s'étend le long d'une baie en forme d'anse. Le front de mer englobe une plage de sable gris sur laquelle une colonie de vautours noirs disputent sauvagement à des frégates les entrailles de poissons qu'ont abandonné les pêcheurs locaux : pas vraiment le Pacifique tel que l'on le rêve ! Le temps est couvert et la température n'est pas non plus tropicale. Il n'y a qu'un seul hôtel digne de ce nom à Puerto Lopez. Le "Pacifico" est tenue par deux jeunes femmes sympathiques.
Nous louons un bungalow pour 80 000 sucres par personne.
Bien que la petite ville semble peu étendue, elle offre plusieurs lieux de restauration. Nous nous attablons à la terrasse du Spontilius (c'est le nom local d'un gros mollusque) où nous dégustons d'un calamar "a la plancha". Déjeuner de fruits de mer en regardant les vagues moles du Pacifique s'avachir sur le sable est un spectacle irréel pour des gens qui viennent de la Sierra. Sur le front de mer plusieurs agences proposent des tours vers la Isla de la Plata. Les prix sont invariables : 30$ pour
l'excursion plus 20$ pour entrer dans les eaux du parc national de Machalilla . Nous concluons l'affaire avec Exploratur pour la journée de demain. Nous sommes intrigués par toutes ces photos de baleines qui ornent les échoppes. Le responsable nous explique que cet endroit de la côte est un lieu de reproduction et de mise à bas pour les baleines à bosses. Il se trouve que nous sommes dans une période favorable à l'observation des grands cétacés. Voir une baleine est un rêve que je ne pensais pas assouvir lors
de ce voyage en Equateur. Je suis impatient de partir à l'assaut du Pacifique.
Les possibilités de détente dans ce lieu perdu qu'est Puerto Lopez sont réduites. Les rues adjacentes au front de mer cachent quelques masures sans intérêts. Un petit musée du Parc nous éclaire sur la topographie des lieux. Le parc National de Machalilla se décompose en trois éléments : une large bande côtière qui protège les derniers pans de forêt originelle, le site archéologique pré-hispanique de Agua Blanca et la Isla de la Plata. Cette dernière située à 25 km des côtes est plus connue sous le
sobriquet de "Galápagos des pauvres". La faune y est soit disant presque aussi riche et originale que sur les fameuses îles. Fous à pattes bleues, fous à pattes rouges, albatros y sont fréquemment signalés.
La cité balnéaire semble peu propice aux habituelles occupations de plage. L'eau y est fraîche, le soleil absent et le sable gris peu accueillant. Les pêcheurs déversent à même le sol les résidus des poissons ce qui a pour effet d'attirer une multitude de frégates et de vautours. Ces derniers sont singuliers. Plus petits que leurs cousins africains, ils se distinguent par leur long coup, leur tête chauve et leur plumage de jais. Pour moi qui m'imaginais un littoral avec des cocotiers et des perroquets
multicolore c'est raté. Je laisse les autres se promener sur la plage, car j'ai toujours un peu de mal à marcher avec mon entorse. L'hématome s'est réduit mais il a une couleur verdâtre du plus mauvais effet. Le soir venu nous nous offrons un petit plaisir au restaurant de l'hôtel en dégustant de délicieuses langoustes grillées. Le dîner se clôture par le désormais incontournable "banana split".
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