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Etrange pays baigné par deux hémisphères où les papillons sont plus gros que les oiseaux.
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Moby Dick

Vendredi 6 août

Le réveil n'a pas calmé notre excitation de la veille. Notre premières paroles sont pour les baleines, nous tenons absolument à les revoir aujourd'hui. Nous nous présentons à l'agence de voyage de la veille afin de connaître les modalités d'un tour "spécial baleines". Apparemment, il est possible d'affréter un bateau pour 2 millions de sucres (1000 FRF). A quatre le prix reste élevé, mais si nous réussissons à trouver des compagnons, le coup pourrait être jouable. En ce sens, nous arpentons la rue principa le de Puerto Lopez à la recherche de chalands. Nous croisons une jeune Israélienne qui semble intéressée par l'excursion. Aussitôt elle nous ramène deux personnes, ça commence bien !

Fred aborde des touristes anglais et essaye de leur vendre le tour. Les gens semblent enthousiastes pour les baleines mais un peu méfiants devant ces français qui organisent une sortie en mer en marge des agences locales. Nous devons, à grands coups de superlatifs, expliquer l'incroyable expérience que représente une rencontre avec les cétacés. Fred en grand négociateur, passe de tables en tables, tantôt usant de l'anglais tantôt de l'espagnol. Il réussit à convaincre à l'arraché trois anglais tout juste d escendus du bus. Nous voilà un total de huit.

Le bateau et ses passagers languissent sur la plage, malheureusement le réservoir est vide il faut attendre le camion citerne. Nous frisons le fiasco, lorsque les Anglais et l'Israélienne veulent se retirer. Au bout de deux interminables heures l'embarcation prend enfin la mer. Nous sommes donc quatorze puisque le pilote du bateau emènent avec lui quatre Allemandes. Une légère brise rafraîchit l'atmosphère. L'océan est moins calme que la veille et l'équipage doit sortir les bâches pour éviter que les embru ns douchent les voyageurs. La visibilité est moins bonne et le bateau commence sérieusement à être secoué. L'océan moucheté de blanc devient vite un tape cul sur lequel la coque en bois se fracasse en autant de bruits secs. Une lame plus traitre que les autres sert de tremplin pour notre embarcation. Le marin à la proue entre en lévitation en synchrone parfait avec l'ancre voisine. L'amerrissage est franchement brutal, l'homme d'équipage fusille du regard le pilote qui ralentit aussitôt. Point de baleine à l'horizon, les conditions de mer sont telles, qu'il est difficile de distinguer un jet d'eau. Au bout de deux heures de chasse infructueuse le bateau rebrousse chemin. C'est à ce moment là que choisit le Léviathan pour surgir du fond de l'océan. Un bon gros dos d'une jubarte se dévoile nettement. Les passagers sortent de leur torpeur et commencent à mitrailler avec leurs appareils photos. Malheureusement cette brève rencontre n'est pas suivit d'autres apparitions. Le pilote essaye en vain de pister la bal eine.

A l'arrière de l'embarcation c'est la débâcle. Les Allemandes sont livides et deux d'entre elles sont en train de rendre le déjeuner de tout à l'heure. Nous rentrons presque bredouille. Je me sens un peu honteux d'avoir fait payer nos associés pour une si brève rencontre dans de si mauvaises conditions. Le soir nous dînons dans un petit restaurant, le "Spontilus". La spécialité locale est justement le spontilus, un énorme mollusque au goût prononcé. Le charme nocturne de Puerto Lopez ne nous ayant pas env oûté nous retournons avec un brin de lassitude à l'hôtel pour faire nos bagages.

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