My house is your house
Lundi 20 juillet 20m
Almaty
01h30. L'avion de la KLM en provenance d'Amsterdam atterrit
sportivement après six heures de vol sans problème.
L'aéroport, en travaux, ne fonctionne que la nuit. Une voix
hurle l'ordre de se rasseoir aux quelques impatients qui
s'exécutent aussitôt. Car au Kazakstan, ex république de
l'URSS fraîchement indépendante, si beaucoup de choses ont
changé, d'autres restent immuables. Nous avons donc
consciencieusement rempli nos divers formulaires d'entrée,
scrupuleusement déclaré notre argent liquide sur un anodin
feuillet bleu, et sagement attendu notre tour au bureau de la
douane.
Nous
sortons une demi-heure plus tard en espérant qu'il nous attende
bien comme prévu. Nous nous frayons un chemin parmi la haie de
pressants chauffeurs de taxi en scrutant du regard. Nous
l'apercevons enfin, nous accueillant avec son grand sourire :
Rinat Khaibullin est bien au rendez-vous.
Tout avait
commencé par une formule de politesse toute asiatique durant
l'hiver himalayen : " My house is your house " nous
avait il répété en échangeant nos adresses à la hâte dans
une rue de Thamel à Kathmandou, en guise d'au revoir à une
amitié qui venait juste de prendre naissance sur les pentes de
l'Annapurna (cf. Récit népalais). Quelques courriers
électroniques plus tard, nous confirmions notre venue dans le
huitième pays du monde par sa superficie.
T-Shirt
bleu, jeans, baskets, Rinat nous sert la main chaleureusement, en
mentionnant nos prénoms. Puis il nous abandonne le temps de
réceptionner un couple de clients français en provenance de
Moscou, voulant rallier au plus vite les monts du Tien Shan.
Après leur avoir distribué, lettre d'invitation et de
recommandations, il les fourgue dans un taxi en nous glissant
" This people are crazy ".
Rinat
nous conduit à sa voiture, un 4x4 coréen flambant neuf. Nos
derniers doutes quant à la possibilité matérielle de nous
héberger se dissipent. Nous roulons dans les rues désertes
d'Almaty, ex Alma Ata. De grands panneaux publicitaires à la
gloire de combinats pétroliers dominent l'allée principale. De
nombreuses branches jonchent le sol, vestige d'un terrible orage
la veille. Nous passons le centre ville, doublons le palais
présidentiel, puis après avoir bifurqué à droite devant une
caserne, entamons une côte sur une voie qui finit en chemin.
Nous y voilà.
La
datcha de Rinat semble grande avec sa terrasse à l'étage, son
jardin et son garage. Nous pénétrons dans une maison de pierre
et de bois encore en construction. Il nous indique nos chambres,
visiblement celles des enfants qui dormiront avec lui. Avant
l'extinction des feux, il nous explique qu'il travaille demain et
doit se coucher maintenant. Sa femme nous conduira à son agence
le lendemain. En attendant, nous pourrons nous installer
tranquillement. " My house is your house " en quelque
sorte !