La maison dorée de Samarcande
Asie centrale : Kazakhstan - Kirghizistan - Ouzbékistan (Episode V)
Qu'y a t'il de plus beau que les montagnes ? Peut être les montagnes...
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Rififi à Almaty

Vendredi 07 août 1200m


Nous passons la matinée à sympathiser avec le team américain. Nous téléphonons, comme promis, à Elmira, qui ne nous attendait pas de sitôt. Nous la retrouvons à Asiatour bientôt rejointe par Askar qui s'est libéré pour l'après midi. En attendant, Jacques met Anya à l'index en dénonçant ses méthodes de travail. Dans un salon de thé, Elmira nous fait découvrir un délicieux gâteau aux sept composants qu'il nous faut deviner. A cette occasion, et en l'honneur d'une amitié naissante, elle nous offre un livre illustré sur son pays. Askar, pour ne pas être en reste nous propose de trinquer quelques verres en chansons chez un de ses amis. En attendant nous partons en quête de souvenirs à ramener, et nous dirigeons vers le bazar. Le caviar (ikra), nous semble à tort un peu cher. Jacques réussit enfin à dénicher une cassette d'Alexander Rosenbaum. Quant à moi, la recherche d'un samovar à mon goût, me paraît problématique.

Tout s'est passé très vite...Une main fend la foule, telle la nageoire du requin, se tend en travers du chemin, et m'attrape par le bras comme une funeste mâchoire. "Brat" (frère) me hèle t-on. Une discussion sans queue ni tête, faussement joviale se forme. Je scrute parmi la multitude sans apercevoir de visages connus. Perplexe, j'emboîte le pas du sbire à casquette, à travers le remous de passants, en évaluant toutes les alternatives s'offrant à moi. Soudain, l'aide espérée se personnalise sous les traits d'Elmira qui commence à entamer une discussion très animée avec le cerbère. C'est même à se demander qui engueule l'autre. Il semble que mon visa ne comporte pas le nom des hôtels fréquentés au Kazakstan, chose normale, puisque nous logions chez Rinat. Nous pénétrons dans un bâtiment qui domine le bazar et montons les escaliers. Profitant d'un moment d'inattention, je glisse la carte de visite d'Asiatour dans ses mains. Comme dans une mauvaise série B, nous avons droit à un appel téléphonique.

Elmira, compose le numéro de la carte, et parvient à tomber sur Rinat qui demande à parler avec le zélé fonctionnaire. Un ou deux mots, plus tard, un geste de résignation me libère des griffes du corrompu. Je me souviens alors de la photo de Rinat avec le président Nazarbaev, et me félicite des connaissances de notre ami. Elmira me confirme sans grande surprise qu'il en voulait à mon argent.

Cette péripétie, bien que bénigne, me sape un peu le moral. Deux interpelations en deux jours au Kazakstan, alors que l'on nous avait tellement mis en garde contre la police ouzbèke! Nous déjeunons chez Pacha, un ami d'Askar, et nous échangeons nos chants comme nos derniers adieux. Mon ultime toast en l'honneur de la police Kazake provoque nos derniers rires. L'heure approche, et nous nous quittons à regrets, se jurant de se revoir, peut être au Kamtchatka ou sur le Mont Blanc. Nous nous séparons également des américains et de Rinat qui doit veiller aux préparatifs de sa prochaine expédition. Son beau-père nous conduit à l'aéroport. A la douane, Alain se retrouve coincé car il a égaré l'obscur papier bleu rempli trois semaines plus tôt. Il s'en sort quitte par un inventaire complet du sac à dos lui permettant de retrouver le formulaire idoine. L'avion décolle dans la nuit noire, le périple se finit. Da svidania

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