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Nuit et brouillard
Dimanche 21 décembre
Les Aéroports de
Paris nous ayant confirmé linscription du vol dans le
programme de la journée, nous partons en direction dOrly
le cur plein despoir. Espérons que cette fois ci
nous naurons pas à rappeler en catastrophe les parents de
Nathalie et Fred pour nous ramener. Première déconvenue nous
croisons dans laérogare la cassandre hystérique qui nous
avait si fièrement annoncé lannulation d'hier. Je prie le
dieu des réservations aériennes de ne pas me placer à coté
delle. Il paraît quau Népal les dieux sont
tellement nombreux quil y en a un par jour de
lannée, dans ce panthéon himalayen il doit bien en avoir
un qui a du entendre ma prière. Outre la mégère on trouve un
baroudeur toulousain en partance pour Calcutta, un jeune couple
à lallure post soixante-huitard, un grand barbu sec, un
autre barbu corpulent cette fois ci mais franchement rasoir avec
ses airs de monsieur « je sais tout », deux jeunes coiffés de
chapeaux et attifés de pulls visiblement trop grands pour eux.
Fred catalogue immédiatement ces derniers de "caramels mous".
Cest vrai quils ont plus lair de baba en quête
dexpérience mystique ou plus probablement dherbe de
bonne qualité et pas trop chère. Cependant le plus gros du
contingent est formé de Bangladeshis. La plupart des hommes
portent la moustache, et les femmes arborent fièrement la «
tika » sorte de marque rouge au milieu du front.
Une fois de plus
la confusion règne au guichet dembarquement. Le vol est
tout dabord retardé de deux heures. Le steewart nous
assure que lavion est en cours davitaillement, tandis
que lagence Nouvelles Frontières annonce que lavion
est encore à Londres, bloqué par un brouillard tenace. Le sens
de lorganisation ne semble pas être le trait de caractère
le plus marquant des hommes du delta du Gange. Petit changement
par rapport aux précédents périples, deux jeunes gens
enthousiastes nous ont rejoint : Frédéric, le jeune frère de
Nathalie et Delphine sa copine nous font lamitié de se
joindre au quatuor de base.
Ah le Népal, ses
cimes enneigées, ses forêts tropicales peuplées de tigres et
de rhinocéros, ses temples millénaires se rapproche à mesure
que le Boeing de la Biman Bangladesh foule le tarmac de la piste
dOrly. En route vers le rêve ! Le voyage se déroule sans
encombre, à lexception notable de linvariabilité du
menu : poulet curry. Le sari des hôtesses donne un parfum
dorient que vient briser la diffusion du film "Georges
de la jungle". Je rumine comment regagner la journée
stupidement perdue dans les couloirs de laéroport. Il
faudra faire des choix douloureux sur place, et le fait
dêtre six personnes promet de vives discussions. Selon nos
prévisions nous avions envisagé un voyage en trois parties : La
vallée de Kathmandou et ses merveilles, le parc national de
Bardia dans le Teraï et pour finir un trek dans la région des
Annapurna.