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Rugby, réveillon, rhum
Mercredi 31 décembre

Le lever nous procure une de ces émotions rares comme seule la nature en semble capable. Dans un ciel limpide se détachent trois géants himalayens. De gauche à droite se dressent l’Annapurna Sud (7273 m), le Hiunchuli (6441 m) et le sublime Machapuchare (6997 m).

A 7h00 je suis le premier debout. Les seuls autres occupants du lodge sont 4 jeunes touristes népalais de Kathmandou. Je discute longuement avec eux. Ils sont visiblement impressionnés par mon appareil photo. Ils veulent que je les prenne et que je leur envoie les photos par la suite. Marché conclu, en échange ils me confient l’adresse de l’hôtel dans lequel ils travaillent à Kathmandou. Les autres pointent leur nez si bien que nous déjeunons tous ensemble. A 8h45 tout le monde est prêt.

La cordée repart d’un pas vif, Chakra Pani à sa tête, Hostha et ses sandales aérées ferme la marche. Nous montons jusqu’à la cote 2200 m pour redescendre dans une vallée transversale. La journée est belle et les T-shirt sont de sortie. Nous laissons passer une caravane de mules richement harnachées. Sans doute est ce un attelage prévu à l’occasion d’une fête. La plupart du chemin est dallé, même les petits ponts qui enjambent les torrents sont pavés. Nous faisons une pause au fond du vallon à 1800 m. Certains se déchaussent afin de prendre un bain de pied, d’autres comme Nathalie lézardent au soleil. Cependant nous avons mangé notre pain blanc , il va bien falloir remonter vers le village de Chomrong. Notre guide nous indique qu’il connaît une échoppe où nous pourrons nous restaurer. Après une ½ h de monté nous prenons place sur un petit belvédère qui tient lieu de terrasse. Une femme apparaît de derrière une petite hutte. C’est manifestement la tenancière. Elle nous fournit le menu qui est visiblement le même dans tout le district de l’Annapurna. Chacun choisit à sa guise et à sa faim. Cela va d’un potage à une salade, une assiette de riz nature et autre curry. Nous avons la surprise de voir la cuisinière préparer un à un les repas. Elle épluche les légumes, fait bouillir l’eau, assaisonne le tout puis recommence six fois de suite la même manœuvre. Nous comprenons trop tard notre maladresse, une attente interminable sera notre châtiment. La prochaine fois nous choisirons tous le même plat. 2h ½ plus tard nous repartons enfin.

Ce n’est pas facile de reprendre l’effort après une si longue pause. Nathalie continue le transfert du poids de son sac vers celui de Jacques. A l’inverse Fred semble plus à l’aise que hier. La montée est raide mais pas aussi éprouvante que la veille. Je demande à Chakra Pani si il est possible de voir des yacks dans la région. A ma grande déception il m’informe que les sympathiques bovidés ne vivent qu’au dessus de 4000 m et qu’ils ne fréquentent pas cette partie du Népal.

La colonne arrive en vue de Chomrong, lieu de notre prochain bivouac. Comme Gandhrung c’est un bourg étagé sur plusieurs terrasses à flanc de colline. Nous trouvons refuge au sein de la Lucky Guest House tenue par un ami de Mohan Gurung. Dans les montagnes le cycle météo est inversée par rapport à Kathmandou. Les matins sont lumineux et les soirées brumeuses. Si tôt que le soleil disparaît derrière l’horizon la température chute de manière drastique. Pour nous réchauffer nous improvisons un rugby, sur la terrasse, mon k-way servant de ballon,. Les Népalais sont loin d’être ridicules. Ils doivent avoir un jeu de balle comparable, vu la dextérité avec laquelle ils se passent la balle.

J’essaye en vain de lier conversation avec le maître des lieux, le meilleur ami du népalais que j’avais rencontré à Paris. Je n’obtiens que des réponses monosyllabiques. Je lui remet le paquet que Mohan m’avait confié a son attention. A tout hasard je lui demande si , en retour, il a quelque chose à lui transmettre. Il réfléchit longuement puis disparaît dans le potager. Curieux personnage que voilà.

La soirée du réveillon est arrosée comme il se doit. Nous achetons une fiole de rhum local que nous transformons en grog. Jacques, comme d’habitude a bien fait les choses. Il dévoile devant nos yeux incrédules, une boite de foie gras gersois ! Champagne pour Noël et foie pour le premier de l’an c’est royal . Nous faisons goûter le foie à nos amis qui, au contraire du rhum, ne semblent apprécier que moyennement.

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