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Bhaktapur la belle

Mardi 6 janvier

Devant l’hôtel, un attroupement révèle une bien curieuse scène. Des badeaux entourent un chien mourrant. Certaines personnes se relaient pour veiller le pauvre animal. Le culte hindouiste et la réincarnation qui le caractérise, modifie la perception des rapports entre l’homme et l’animal. L’atmosphère est recueillie. Plus encore qu’à Kathmandou c’est l’occasion d’observer la tenue vestimentaire des locaux. L’ensemble est plutôt sobre : une chemise claire, souvent blanche, surmontée d’un gilet ou une veste et un pantalon gris ou noir. La plupart des hommes arborent un couvre-chef qui rappelle le fez oriental.

Entre sept heures de route et une heure d’avion notre décision est vite prise. C’est par la voie des airs que nous retournerons sur la vallée de Kathmandou. Nous nous acquitterons des $ 61 de bonne grâce. Le vol est prévu pour le début de l’après midi. Nous avons toute la matinée pour traîner sur le front de lac. En fait chacun de nous a déjà sa petite idée sur ce à quoi il va occuper son temps libre. Une véritable chasse au trésor débute. C’est à celui qui dégotera le plus bel objet à ramener en souvenir. Christian ramène un petit tapis de soie rouge qui brille de mille feus. Fred casse sa tirelire pour un moulin à prière en argent du Mustang, Nathalie craque pour un collier. Je ramène d’une boutique tibétaine un petit rhino de bronze. L’affable tenancière, nous raconte que son oncle, resté au Tibet a déjà vu un yeti et un Garuda !

Nous prenons l’avion à 15h30. Le hublot du coté gauche dévoile les paysages fabuleux des plus hauts sommets du monde. Nous atterrissons sans encombre à Kathmandou, trois quarts d’heure plus tard. Afin d’échapper à la pollution de la capitale, nous décidons de loger directement dans l’antique Bhaktapur, réputée pour son authenticité. Pour faire des économies nous nous entassons dans seul un taxi. Quelques courbatures plus tard nous arrivons en vue de la ville impériale. Contrairement à Kathmandou les voitures sont prohibées à l’intérieur du centre historique dont l’entrée est d’ailleurs payante. La ville, avec ses rues pavées, a su garder son cachet d’antan, on a parfois l’impression d’avoir changé de siècle. On ne retrouve aucune des boutiques occidentales modernes qui fleurissent dans la mégapole voisine. Nous posons nos bagages dans la Golden Gate guest house, hôtel idéalement placé au milieu du centre historique de la cité. Les chambres vont de 350 à 450 roupies pour un confort nettement moindre que la veille.

Nous avons juste le temps de visiter, avant la nuit, le Taumoudhi Square voisin. On y accède par une ruelle où de nombreux petits artisans vendent des sculptures en bois, des poupées et des objets d’art. Au fond, sur la gauche se trouve le superbe temple Nyatapola. C’est le plus imposant de Bhaktapur. Il repose sur un socle à cinq niveaux, avec, aux quatre coins, un sanctuaire de Ganesh. Sa pagode, à cinq étages, dont le dernier toit dépasse les 30 m de haut, rivalise de démesure avec le temple Taleju de Kathmandou. L’escalier principal est flanqué d’une série de deux gardiens, dont chacun a une force dix fois supérieure à celui qui le précède. Ainsi tout en bas des lutteurs légendaires seraient dix fois plus forts que le simple mortel, mais dix fois moins forts que les éléphants du niveau supérieur. Au dessus on retrouve successivement des lions, des griffons mythiques à patte de lion, et enfin deux divinités tantriques, gardiennes farouches du temple. Christian et moi nous amusons à poser au pied de l ‘escalier en imitant la stature des guerriers de pierre. Du sommet du temple on aperçoit les premières montagnes.

La nuit tombe, j’ai hâte d’être demain pour découvrir la suite de cette ville splendide. Contrairement à Kathmandou, il n’y a rien à faire le soir. Ce couvre-feu arrange tout le monde, la plupart d’entre nous souhaitant se reposer.

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