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Le pic Beluka
Vendredi 31 août
La nuit a été fraîche. Après un solide petit déjeuner à
base de céréales, fromage et fruits secs nous levons le camp
vers 10h00. Le temps est nuageux mais sec. Nous retrouvons les
berges boueuses de la rivière Katum avec circonspection. Anatoli
marche très vite loin devant. Est ce pour rattraper du temps
perdu ? Dans un sous bois, il lève un hibou qui s'envole
silencieusement. Après deux heures de marche le long du torrent,
nous apercevons pour la première fois le pic Beluka. Les pentes
sont abondement enneigées et nous devinons à peine le sommet.
Il nous faut une fois de plus traverser la rivière pour nous
rendre à notre prochain campement. L'eau est glaciale et le
courant puissant, les bâtons ne sont pas de trop pour maintenir
l'équilibre. Un rayon de soleil permet de prendre la situation
avec philosophie.
Nous n'avons marché que six kilomètres mais je suis content de
m'arrêter. Le campement est niché au pied d'énormes rochers
qui abritent les tentes du vent. La moue dubitative de Toli
après un regard vers l'ouest ne nous rassure pas quant à
l'évolution météorologique. " Pas aujourd'hui "
semble t'il vouloir nous dire. Nous chassons nos doutes auprès
du feu réparateur. Elmira qui endosse le rôle de cantinière
profite de la situation en commençant à nous rationner plus que
de raison. Il est vrai que cet excellent lard acheté au bazar d'un bled
perdu, fond délicieusement dans la bouche. Quant aux cacahouètes
que nous dévorons, jamais elles ne m'ont jamais semblées aussi
bonnes. Anatoli s'assied lourdement en lançant un KA-RA-CHO
d'autosatisfaction. Elmira, néanmoins, ne se sent pas bien, nous
ne monterons pas aujourd'hui.